3 mai 08
Ce matin, après un réveil difficile, j’ai constaté qu’il y avait quelque chose d’étrange dans la salle de bains… Il m’a fallut le temps pour voir que ce qui attirait mon attention était la pastille bicolore du robinet : elle était à l’envers !
A l’envers de la nôtre, entendons-nous ! Sûrement dans le bon sens pour un français qui en est rempli. L’eau chaude coule du côté opposé à la nôtre !
Après cette frasque envers la plomberie de Saint Couloumb ; j’ai pris un petit déjeuner (Mon dieu, cela devient machinal après deux jours ; si je reste ici deux semaines, j’oublierai ces bons vieux nonante et septante pour m’enticher de quatre-vingt-dix et soixante-dix !) copieux en prévision d’une escapade à Saint Suillac.
Magnifique petit village où trône une petite église du XIIIè siècle dont les murs contiennent plus de mousse que ne pourrais jamais faire dans mon bain. L’ambiance y est sereine, les vieilles briques et les rosiers grimpants, ça vous change un homme ! Premier à gueuler ‘‘Parisien, tête de chien’’ et à leur entonner la Brabançonne ; j’étais déjà en train de me demander si les relations entre Johnny Hallyday et Sarko n’allaient pas nuire à la réalisation de ma nationalisation en tant que Suillaçais, avec sa baguette, son béret et sa maison à demi en ruine sur les bords de la côte bretonne…
Pour me convaincre qu’il était fait pour moi, le village a même mis sur mon chemin un café-restaurant où on pouvait voir sur le menu quelques noms de plat typiquement belges dont je n’avais jamais entendu parlé. C’est là que je suis sorti de mes pensées en me disant que toutes ces histoires flairaient l’arnaque à cent lieues et qu’il fallait absolument que je rétracte mes demandes de devis de notaires et toutes les procédures administratives que j’avais lancées depuis mon neurone droit jusqu’au gauche.
L’après-midi, nous étions de nouveau sur la route pour aller visiter Dinard. Sur la route, on croise l’usine marémotrice de La Rance ; impossible de ne pas s’arrêter ! Pour une fois que j’avais du matos gratis et une bonne dose de savoir-faire pédagogique à disposition ; non, non, non, impossible de rater ça ! Je vous passe les détails qui n’intéressent que moi, et hop ! Comme par magie, Dinard est devant nous.
On se promène le long des digues, s’assied un moment pour admirer Saint Malo, puis on s’en va de là, assez content de quitter ce lieu plein de chaleur qui pue et de touristes brûlants. Le temps de feuilleter le routard, de semer notre propre GPS, et nous retrouvons enfin là voiture.
Là, normalement, le programme disait que nous devions rentrer faire une pause avant de repartir pour un dernier resto en vacances mais, étant donné que nous faisons partie de la génération zappette, le programme, nous, on le change !
C’est ainsi que le paysage de Dinard se transforme d’un coup en celui de la route conduisant au mon St-Mich’(on est potes maintenant)
Devant un nombre de choix incalculable de vendeurs, on se fixe finalement sur un producteur artisanal de calvados laissant cramer ses cachets de cire sous un soleil de plomb, au bord de la route. On lui achète un stock d’alcool histoire de ramener des cadeaux à nos proches(amis, famille,…) ou à nos très très proches (nous) puis on reprend la route pour un long retour jusqu’à la maiso… ?
….
Maison à cent mètres de là, qui se retrouve être en fin de comptes un musée de peintures ultra chères (autant qu’elles sont magnifiques) d’une coréenne ultra sympa qui vit dans cette ultra demeure ( j’en fais trop avec mes ultra ? … ok) avec son mari, un français qui a été prof à l’unif de Séoul et qui a vécut quarante-deux ans là bas. Un petit bonhomme de quatre-vingts ans, qui en parait quinze de moins, qui est super drôle malgré qu’il nous prenne pour des ignares, vu que nous sommes belges.
Ca parle coréen dans un coin, français dans l’autre, quelques traductions simultanées, puis nous repartons avec un album dédicacé de ses peintures. (Pourquoi acheter un tableau à 1000€ quand on peut en avoir une centaine dans un livre à 30€… Il faudrait être fou… ou … ne pas être pauvre)
Le temps de se dire ‘‘Annyonghikeseyo’’ et on se retrouve sur la route, direction resto. On les prévient que nous aurons une demi heure de retard sur le planning comprenant le quart d’heure académique.
Le dernier resto est chouette, tout le monde rit, mange, boit, rit, s’étrangle, se moque, pense au retour et se réjouit déjà de sortir des bouchons dus à la transhumance entre Paris et Bruxelles. Le temps de suivre quelques indications du GPS pour se rendre compte que ce modèle n’est pas un du type ‘‘Guidage Par Satellite’’ mais plutôt un de ceux qui s’est Gouré, et qui vous Perd dans les Sentiers. Au lieu de tracer un chemin par la route, nous avons droit à une sorte de safari nocturne en bord de rien du tout, paumé au milieu de que dalle.
Finalement le GPS ne se trompait pas, il se foutait juste un peu de notre gueule histoire d’avoir des trucs à raconter à ses copains GPS en rentrant…
Un dernière balade dans la nuit Saint-Coulombienne le long de la plage, on se met le cul dans le sable fin pour regarder le scintillement du phare et écouter la mer qui imite Dark Vador (Fsshhh, fssshhh) et on rentre pour aller passer une dernière nuit de non repos (trop mangé, digestion nocturne) dans la maison de location.